Des enfants et des jeunes ambassadeurs de la lecture au Maroc

-(Par Abdellatif El Jaafari)-.

Qu’est-ce qui motive les enfants et les jeunes à choisir la lecture comme chemin vers un parcours de vie prometteur ? La lecture est-elle toujours présente avec le même intérêt qu’auparavant ? Y a-t-il suffisamment d’espaces de temps pour la lecture à l’ère de la vitesse et de la numérisation, comment faire de la lecture un rituel quotidien dans la vie des jeunes et quelle est son importance ?

Ces questions reviennent souvent lors des débats sur l’éducation des enfants et des jeunes à une époque où on estime à tort ou à raison que la lecture a diminué et la réflexion sur ce sujet n’est pas suffisamment approfondie, néanmoins l’espoir demeure avec l’existence d’enfants à la fleur de l’âge et de jeunes très attachés au livre à qui ils consacrent une grande partie de leur temps car ils ont tout simplement développé une habitude de lecture depuis leur enfance.

Ces propos interviennent à l’occasion de l’octroi à plusieurs enfants et jeunes, dont la plupart des filles, les prix du Concours de lecture de Casablanca initié par « le Réseau de lecture au Maroc » lors de la septième édition du Salon de Casablanca du livre de l’enfant et de la jeunesse (2-7 décembre 2021).

Et puisque l’occasion est une condition, ces enfants et jeunes ont retroussé leurs manches et mis leur esprit à l’épreuve pour la lecture d’un grand nombre de livres en arabe, en français et en anglais, et ils constituent de ce fait un groupe distingué et des ambassadeurs de la lecture, comme l’ont souligné les organisateurs de cette manifestation. Ils sont également des enfants et des jeunes d’or car leur vie sera jalonnée de lectures intensives pour être des modèles vivants pour leurs camarades dans les établissements auxquels ils appartiennent à Casablanca.

Selon les spécialistes, la lecture durant l’enfance ressemble à la gravure sur pierre qui ne disparaît pas, notant qu’elle contribue à construire l’avenir des enfants et des jeunes et son importance s’accroît lorsqu’elle est transmise surtout par un pair comme l’indiquent plusieurs études pédagogiques.

Dans un temps récent, le nom de la petite Meriem Amjoune est apparu après avoir remporté le Prix « Défi de la lecture arabe 2018 » et inspiré un grand nombre de ses pairs qui cherchent à atteindre son niveau de lecture et d’excellence.

Lorsque les journalistes des Emirats arabes unis l’ont interrogé sur la lecture, la jeune marocaine âgée de 9 ans à l’époque, a répondu que « la lecture est un hôpital pour les esprits car elle chasse l’ignorance, la stupidité et la vanité ».

Cet aspect lumineux de la lecture a été également relevé dans une déclaration à la MAP par Rachida Roqi du « Réseau de lecture au Maroc », soulignant l’importance d’encourager la lecture dans les écoles, tout en rappelant que la création du Concours de lecture de Casablanca et le Prix du livre jeunesse pour la littérature d’enfants, à l’occasion de l’organisation du Salon de Casablanca du livre de l’enfant et de la jeunesse, tend à consolider l’acte de lecture et assurer une large diffusion dans la société.

Mme Roqi a ajouté que les lauréats des concours de lecture sont des ambassadeurs dans leurs établissements, estimant que l’organisation de ces concours est une opportunité de motiver et de sensibiliser les autres dans les établissements pédagogiques afin d’aimer le livre.

Concernant l’élargissement du domaine des programmes relatifs aux concours du livre, elle a souligné l’importance d’impliquer les directions de l’éducation et de la formation ainsi que les établissements dans le programme de promotion de la lecture, notant que l’objectif du « Réseau de lecture au Maroc » consiste notamment à plaider la cause de la lecture qui « devrait constituer une priorité nationale » et œuvrer à doter tous les établissements scolaires de bibliothèques.

La lecture est en général la vie dans ses plus belles manifestations, de même qu’elle a une relation étroite avec le savoir et l’apprentissage.

Aussi, le saint Coran souligne dans sourate Al‘Alaq (L’adhérence): « Lis! Ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume [le calame], a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas ».

La lecture constitue, en outre, un pilier de la construction de l’avenir, en plus de son importance dans la formation de soi et des générations futures, comme l’ont souligné à juste titre le philosophe anglais Francis Bacon, le romancier et écrivain égyptien Najib Mahfoud et le grand poète arabe Abou T̩ayeb Al-Mutanabbi.