Le dialogue national de l’urbanisme et de l’habitat : nouvel horizon pour un développement global

Par Abdellatif El Jaafari

Le Dialogue national de l’Urbanisme et de l’Habitat, lancé récemment à Rabat, avec des rencontres de consultations dans toutes les régions du Royaume, constitue une étape primordiale pour définir les contours de l’avenir, conformément aux objectifs du Nouveau modèle de développement et de la régionalisation avancée.

Ce nouvel horizon s’est profilé lors du lancement de ces consultations, et a pris forme durant les débats initiés au niveau de la région Casablanca-settat, qui constitue la locomotive du développement local et national, et un barème des indices de développement dans le pays.

Certes les débats portaient lors de chaque étape sur les spécificités locales, mais les consultations tenues au niveau de la région Casablanca-Settat ont été un point où s’enchevêtrent les dimensions régionales, nationales voire internationales, ce qui a donné lieu à des discussions plus profondes et plus larges.

Si l’urbanisme et l’habitat sont la pierre angulaire de tout développement, les défis de ce développement au niveau de la région sont à la fois divers et prometteurs, vu le grand potentiel économique et humain dont regorge la région, plus grande concentration démographique et premier hub économique et financier du Royaume et bien au-delà.

Les experts qui ont animé les différents ateliers se sont projetés dans l’avenir en prenant en considération les grandes mutations prévues dans une zone à fort potentiel. Ainsi, en brossant des sujets tels que l’industrie, les services, les finances, le commerce, l’agriculture, l’agro-alimentaire ou les infrastructures, les discussions ont conclu que le développement est inévitablement tributaire de la garantie d’une infrastructure de qualité, et de ressources en eau suffisantes.

La disponibilité de l’immobilier est donc l’un des piliers de l’investissement, tout comme la rationalisation de la consommation de l’eau et la recherche d’autres ressources, surtout pour l’industrie et l’agriculture afin de garantir un développement durable.

Il a également été question de débattre de la gouvernance en vue d’atteindre un système de planification territoriale innovant, avec une architecture diversifiée qui tient compte de la flexibilité, de l’adaptation, de l’attractivité économique, de l’intégration sociale et de l’innovation.

Les débats se sont aussi longuement arrêtés sur l’offre en matière d’habitat, puisque l’habitat constitue un facteur d’ascension socio-économique, et continue, de ce fait, d’être un défi pour notre pays. À cet égard, les intervenants ont appelé à l’intégration du Nouveau modèle de développement pour pouvoir présenter une offre diversifiée et élargie qui répond aux besoins de tous.

Étant donné que la région de Casablanca-settat compte plusieurs zones rurales, l’élaboration d’une stratégie intégrée pour réduire les disparités et lutter contre la précarité a été relevée comme une priorité indispensable.

Le volet relatif à l’espace construit est l’un des axes largement examiné par les experts, partant de sa place centrale dans la politique de la ville, et de la nécessité de mettre en oeuvre des mesures de réformes pour garantir un cadre de vie agréable aux habitants.

Il s’agit, dans ce sens, de la revalorisation du patrimoine construit et de la lutte contre l’habitat insalubre pour réussir l’intégration sociale et améliorer les conditions de vie selon un concept qui englobe plusieurs caractéristiques et permet de répondre aux aspirations des populations tout en préservant l’environnement.