L’entrepreneuriat féminin, un levier de croissance « encore inexploité »

L’entrepreneuriat féminin constitue un levier de croissance « encore inexploité », à cause de plusieurs freins, a souligné, vendredi, la présidente de l’Association des femmes chefs d’entreprises du Maroc (AFEM), Leila Doukkali.

Intervenant lors d’un webinaire sous le thème: « Inclusion financière: Quel accès des femmes au financement? », Mme Doukkali a relevé que l’un des freins pour la création des entreprises par la femme marocaine est l’accès au financement dans la mesure où celle-ci est rarement prioritaire.

Elle a, dans ce sens, indiqué que les banques devraient se diriger davantage aux entreprises gérées par les femmes, compte tenu du fait que la femme est généralement plus solvable et rigoureuse en matière de remboursement de dettes.

Après s’être félicitée des chiffres de Deloitte, selon lesquels l’appétence de la femme marocaine à créer sa propre entreprise est d’environ 34% contre 17% en France, Mme Doukali a affirmé que « tout porte à croire qu’il faut une véritable mobilisation pour mettre en avant cette femme cheffe d’entreprise et l’accompagner pour qu’elle réussisse ».

Elle a en outre, mis en avant l’initiative de « Gender Bounds », initiée par l’Autorité marocaine des marchés de capitaux (AMMC) et visant à soutenir l’autonomisation des femmes et l’égalité hommes-femmes à travers le financement d’activités contribuant à ces objectifs, ou encore le « Crowdfunding », notant que le Maroc vient de se doter d’un cadre juridique adéquat pour règlementer ce type de financement, avec pour objectif de collecter des fonds de faible montant auprès d’un large public pour financer l’entreprenariat des jeunes.

Pour sa part, le chef de mission adjoint et de coopération à l’ambassade de suisse au Maroc, Pierre-Yves Morier, a fait savoir que la lutte contre l’inégalité des genres, sur les plans économique, social et politique constitue l’un des sept objectifs de la stratégie de coopération internationale de la Suisse qui a été récemment adoptée.

Il a, dans ce sens, relevé que la suisse s’engage pour que les hommes et les femmes soient intégrés de manière paritaire dans tous les processus conformément aux objectifs de développement durable, de façon transversale.

« Avec le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) nous voulons démontrer l’intérêt d’investir auprès des femmes entrepreneurs et les aider à réussir en tant que cheffes d’entreprises » a-t-il ajouté, soulignant l’impératif de prendre conscience de la valeur que représente les femmes entrepreneures à la fois comme actrices d’un marché en croissance, qui représente lui même une excellente opportunité de relance économique.

De son côté, Ghita Hannane, Morocco Country Officer à la Société financière internationale (IFC) a affirmé qu’avec le digital, toute banque pourra s’adapter aux différents besoins de la femme entrepreneure, notant que l’IFC, en collaboration avec une banque marocaine à permis à un nombre important d’entrepreneures de bénéficier de moult formations en matière de techniques managerielles, comptabilité etc.

Elle a en outre relevé que l’IFC a élaboré une étude au Maroc sur les marchés bancaires féminins personnels et professionnels, visant à déterminer l’opportunité business et identifier les différents besoins spécifiques du segment.

« Ce rapport vise à évaluer les opportunités business présentées par les marchés particuliers et professionnels au Maroc en déterminant la taille des opportunités business pour les institutions financières et en identifiant les besoins spécifiques des femmes au vu des services financiers en place, a expliqué Mme Hannane.

Selon cette même étude, a-t-elle poursuivi, les banques se doivent de construire sur le niveau d’inclusion existant ( souvent limité aux comptes courants) pour concevoir et offrir de nouveaux services financiers orientés clients et personnalisés pour les besoins des femmes tout au long du cycle de vie client.