Préparatifs à la rentrée universitaire: Cinq questions au président de l’université Chouaib Doukkali d’El Jadida

Le président de l’Université Chouaib Doukkala (UCD) d’El Jadida, Yahya Boughaleb, aborde dans un entretien à la MAP, les principales caractéristiques de la rentrée universitaire 2022-2023, mais aussi les défis qui se dressent cette année devant l’ensemble les composantes de l’université.

1. Comment se déroule la rentrée universitaire 2022-2022 à El Jadida? Quelles en sont les principales caractéristiques ?

A l’instar d’autres universités du Royaume, nous avons préparé cette rentrée universitaire à partir du mois de juillet. Parmi les caractéristiques de cette rentrée universitaire, qui se déroule dans de bonnes conditions, il faut noter l’augmentation de 30% des effectifs des nouveaux inscrits par rapport à septembre 2021, et de 22% des effectifs globaux, l’adoption de la plateforme « TASJILI » pour la préinscription des nouveaux et la réinscription des anciens étudiants.

À cela s’ajoute la mise en place de cellules d’information, d’accueil et d’aide à l’orientation dans les établissements, l’organisation de journées d’intégration et de sensibilisation dans les établissements et le démarrage des formations le 12 septembre 2022. Nous tenons, à cette occasion, à saluer les efforts louables et la mobilisation de tous les acteurs, administration, professeurs et étudiants, sans laquelle cette rentrée n’aurait pas été une réussite.

2. Quid de l’enseignement qui sera dispensé lors de l’année universitaire 2022-2023?

Nous avons innové en créant des cursus adaptés au marché national du travail, afin d’accompagner des secteurs à valeur ajoutée.

Par ailleurs, convaincue que le développement du digital constitue un des piliers de la réforme aux côtés du développement des ressources humaines et de la recherche scientifique, l’université Chouaib Doukkali a effectué l’ensemble des inscriptions à travers une plateforme digitale. Notre objectif consiste à hisser très haut le niveau d’enseignement dans notre établissement.

3. La problématique de l’hébergement des étudiants est parmi les défis qui se dressent cette année devant l’UCD et l’ensemble de ses composantes?

En effet, l’UCD connaîtra cette année un effectif record, estimé à plus de 33.000 étudiants pour une seule résidence universitaire, alors que deux établissements universitaires accrédités, à savoir l’ESEF (École supérieure de l’éducation et de la formation) avec 1300 étudiants cette année, et l’Institut supérieur des sciences de la santé, sont toujours sans locaux propres, faute de foncier.

L’hébergement des étudiants de l’UCD constitue un point critique depuis déjà plusieurs années, et l’augmentation des effectifs n’arrange pas les choses.

4. Cela nous ramène à parler aussi de l’offre universitaire, quel est le tableau de bord de l’UCD, pour l’augmentation de sa capacité d’accueil et de ses projets de réhabilitation et de réaménagement?

Grâce à de nombreuses conventions de partenariat, l’UCD connaît beaucoup de projets en chantiers, afin de répondre à la demande, de consolider le rayonnement scientifique et académique des établissements d’enseignement supérieur de la région et d’accompagner la dynamique économique locale.

Ces projets d’enseignement supérieur, qui tendent de former les cadres et leaders de demain, et ériger la région des Doukkala en véritable destination d’enseignement et de savoir, concernent tous les domaines, allant de la science, des technique et des finances à la gestion, le sport et l’innovation.

Ils prévoient, entre autres, la construction de l’ENCG actuellement hébergée dans le complexe culturel d’El Jadida, pour une capacité d’accueil de 2.800 places physiques sur le site PUMA (pôle urbain de Mazagan), sur une superficie de 3,5 ha. Le projet est à la phase d’appel d’offres pour les constructions.

Il y a aussi lieu de citer l’extension de la faculté des Sciences, sur une surface construite de près de 1.800 m2, par la construction d’une bibliothèque de 03 salles de lecture et 40 bureaux pour le corps professoral, et le renforcement de la faculté des Lettres et des Sciences Humaines par l’aménagement de 86 bureaux pour 160 enseignants, sur une surface construite de 1.950 m2.

La dotation de la faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales de trois amphithéâtres de 400 places et d’un quatrième d’une capacité de 350 places est également au menu. L’École nationale des Sciences appliquées n’est pas en reste, puisqu’elle sera dotée aussi d’une bibliothèque, de 12 bureaux pour 18 enseignants, d’un amphithéâtre de 350 places, et d’une buvette pour les étudiants.

5. Quelles sont, à votre avis, les contraintes qui freinent encore l’élan et les ambitions de l’UCD?

Si l’UCD se démarque déjà, grâce à la distinction de son corps professoral dans le domaine de la recherche scientifique, et ses étudiants dans divers autres activités scientifiques, culturelles, sportives et sociales, il n’en demeure pas moins qu’il existent certains points qui nous interpellent encore avec insistance. Entre autres, la crise du foncier pour la construction de l’ESEF, l’augmentation de la capacité d’accueil de l’hébergement universitaire, la construction à El Jadida du Complexe sportif universitaire, sans oublier la construction d’une médiathèque universitaire, et le problème du transport des étudiants.